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Rapport de la réunion commune SYNGOF-UPIGO 
Hammamet le 1/10/2011 

L’UPIGO et le SYNGOF (Syndicat National des Gynécologues et Obstétriciens de France) se sont réunis le 1ier octobre à Hammamet (Tunisie) pour une réunion  commune. Les présentations furent très intéressantes et les échanges fructueux.
Le Prof. Guy Schlaeder, Président de l’UPIGO, a présenté l’UPIGO en rappelant son histoire et sa place parmi les organisations internationales. Dans l’esprit de ses fondateurs l’UPIGO devait être le pendant professionnel de la FIGO fondée un an plus tard à Genève et dont l’orientation était surtout scientifique.
L’action de l’UPIGO s’est longtemps limitée à l’Europe : elle a joué un rôle clé dans la création de l’UEMS (Union Européenne des Médecins Spécialistes) en 1958, elle a élaboré les premières recommandations européennes pour la formation des spécialistes en GYN-OBS déjà en 1993 avec sa commission pédagogique, l’EBGO, enfin comme OING bénéficiant du statut participatif au Conseil de l’Europe elle collabore activement avec sa Commission « social, santé et famille ».
Depuis 2000 l’UPIGO entretient des liens étroits avec les sociétés africaines SAGO (fédération d’une quinzaine de sociétés francophones de gynécologie-obstétrique) et en particulier avec la SOMAGO (société malienne de gynécologie et d’obstétrique).

1ier sujet principal : Prévention de la mortalité maternelle par hémorragie de la délivrance.

La situation en zone rurale au Mali, propositions d’amélioration.
Dr Mariame Diakité(Mali) a insisté sur la  haute mortalité par hémorragie au Mali, malgré une certaine amélioration des statistiques ces dernières années.
582 décès/100000 naissances en 2001
464 décès/100000 naissances en 2006
(Les chiffres sont néanmoins peu précis, un certain nombre de décès n’étant pas déclarés)
La majorité des accouchements se fait en zone rurale sans accompagnement, avec éventuellement des matrones. Rappel : pour ce pays de surface énorme, on note 84 gynécologues, 947 médecins généralistes, 800 sages-femmes.
Le système de santé est organisé en quatre piliers :

Le centre de santé communautaire dans les villages
Le centre de santé de référence
Hôpital régional
Hôpital national

Le Professeur Sy Assitatan Sow (présidente  de la SOMAGO)  insiste sur la notion de centre de référence : c’est un centre où la patiente est évacuée ou référée. Le principal problème est le moyen de transport !
Elle fait remarquer que la césarienne est gratuite et financée par une Caisse Nationale de Solidarité dont les cotisations proviennent des villageois, de l’Etat, de l’OMS.
Le Pr Bouraïma Maïga déplore également le grand retard dans la prise en charge des patientes à risques (retard des diagnostics, état des routes, moyens de transports etc)
Il plaide pour l’utilisation, par le personnel officiant en zone rurale,  d’utérotoniques et l’apprentissage de certaines techniques comme la traction douce sur le cordon, le massage de l’utérus, le bourrage utérin.

La situation en France et en Europe (Dr Boyer De Latour)

Le taux de mortalité pour hémorragie est de l’ordre de 9/100000 en France par rapport à 1/100 en Afrique.
 En France l’ensemble des complications hémorragiques (GEU,placenta praevia, hématome rétroplacentaire, hémorragies du post-partum, rupture utérine…)
 représente 25% des décès maternels. Après élimination des hémorragies du début de la grossesse,  les hémorragies proprement obstétricales ou hémorragies du post-partum sont estimés être à l’origine de 15-17% de l’ensemble des morts. L’étude rétrospective des cas a estimé que la grande majorité des décès étaient probablement évitables grâce à des mesures préventives, à une bonne prise en charge, à l’application des recommandations et la mise en place de protocoles affichés dans les salles d’accouchement.

2ième sujet principal : la prévention du cancer du col de l’utérus

Pr Baldauf (CHU Strasbourg) Pr Horovitz (CHU Bordeaux) Dr König (Allemagne)
Les 3 orateurs ont insisté sur la complémentarité de la vaccination et de la cytologie de dépistage.
Le Prof. Baldauf, en charge du programme EVE de dépistage du cancer du col de l’utérus en Alsace, a insisté sur l’avantage d’un programme « organisé » par rapport au  dépistage « individuel » laissé à la seule initiative de la patiente ou de son médecin. Le programme EVE a permis d’atteindre un taux de couverture à 5 ans de 86% de la population. Le coût annuel de l’organisation est de 1,2€ par femme dépistée.
Le dépistage « organisé » est à la fois plus efficace et plus efficient que le dépistage « individuel » C’est pourquoi la HAS (Haute Autorité de Santé) recommande un dépistage « organisé » pour toutes les femmes françaises de 25 à 65 ans, à raison d’un frottis par 3 ans.
Près de 70% des cancers cervicaux sont induits par les virus HPV 16 et 18 pour lesquels on dispose d’un vaccin.  
La vaccination anti-HPV est conseillée en France chez les  jeunes filles de 14 ans, c.à.d. avant les premières relations sexuelles. Il faut cependant bien noter qu’un certain nombre de cancers du col sont dus à des types d’HPV différents de ceux neutralisés par les vaccins actuels. La vaccination ne peut en aucun cas se substituer au dépistage qui demeure  indispensable que la femme soit vaccinée ou non.
 
Le Prof. Horovitz signale que depuis peu les sages-femmes en France ont l’autorisation de réaliser des frottis de dépistage. Il existe également un test pour auto-dépistage du virus HPV.

Le Dr. König s’insurge contre le fait qu’en Allemagne il y ait des voix qui plaident pour remplacer la cytologie par un test HPV tous les 3 ans.
Il insiste sur la nécessité de réaliser des frottis, des colposcopies et des biopsies.
La cytologie est réalisée une fois /an et s’inscrit dans un programme de dépistage gynécologique complet incluant l’examen gynécologique clinique, les échographies et la prévention du cancer du sein.

3ième sujet principal : la responsabilité civile professionnelle (Dr Marty)

Le Dr Marty a exposé de façon très claire et exhaustive les problèmes de la RCP en France. La France avec l’Allemagne représentent les pays où les cotisations sont les plus élevées, entre 20000-40000€ /an.
La notion d’aléa thérapeutique existe en France, mais le modèle scandinave de la compensation sans preuve de faute n’est pas encore très connu et sous-entend la notion de solidarité nationale.
Le Dr Marty invite les délégués à une action commune au Parlement Européen afin d’obtenir une harmonisation des cotisations au niveau européen.
Cette proposition a été accueillie très favorablement.

4ième sujet principal : la directive sur la médecine transfrontalière (Dr Conzemius, Luxembourg)

En 2013 la directive sur les soins transfrontaliers sera transposée. Elle permettra aux patients de se faire traiter dans les pays voisins et de se faire rembourser aux tarifs appliqués dans le pays résident.
Cela sous-entend une bonne information des patients sur leurs droits, les critères de qualité, les risques et les règlementations juridiques.
Les défis pour les états membres sont nombreux : harmonisation des évaluations de la qualité, harmonisation des nomenclatures, reconnaissance des qualifications professionnelles et des formations continues, transfert des données des patients par ex par e-santé avec confidentialité des données, collaboration médicale et investissements financiers dans les grandes régions, harmonisation des procédures pénales.
La directive est entrée en vigueur le 24/04/2011. Sa mise en application sera loin d’être facile pour les pays membres.

Réunion du bureau de l’UPIGO

Après l’annulation de la dernière AG, l’UPIGO devra prendre un nouvel élan. Le bureau déplore la présence sporadique ou l’absence de certains membres. Pour les pays africains les déplacements sont trop chers.
Il faudra essayer de recruter de nouveaux membres en écrivant aux sociétés professionnelles, leur demander quels sont leurs préoccupations, les stimuler à envoyer des délégués. Comme certains pays n’ont pas de groupement professionnel, l’information et les adresses pourraient éventuellement être obtenues par l’intermédiaire  de l’UEMS.

A cause de la crise économique, il est très difficile d’ouvrir un compte en Grèce.
Le Dr Jacques Faidherbe remplacera le Dr Petros Polymenakos dans ses fonctions de  trésorier de l’UPIGO.

La prochaine assemblée générale de l’UPIGO aura lieu  en France à Strasbourg chez notre Président Guy Schlaeder du 28-30 septembre 2012.

Les sujets proposés sont :
  1. La coopération SOMAGO-UPIGO pour la prévention de l’hémorragie de la délivrance.
  2. les assurances civiles professionnelles (en collaboration avec le Dr Marty du Syngof)
  3. les complications des interruptions de grossesse légales et illégales (coordinateur Dr Faidherbe)
Cette liste pourra être complétée par d’autres propositions des délégués.
La journée s’est terminée dans l’amitié et la bonne humeur par un magnifique diner de gala où nous avons fêté notre ami Raymond Belaiche pour son début de retraite et la cessation de ses activités dans le Syngof. Nous avons dégusté de plein air et jusque tard dans la nuit un couscous de poisson vraiment délicieux !

Prochain RDV à Strasbourg pour de nouvelles expériences !! Dr Annik Conzemius
Secrétaire Général de l’UPIGO 5, rue Edward Steichen
L-1540 Luxembourg
Tél : +352 26333 9470
Fax : +352 26333 9469
e-mail : goesconz@pt.lu