
COMPTE-RENDU DE L’ASSEMBLEE DE L’UPIGO
A PARIS le 21 OCTOBRE 2006
Allocution du Président : Raymond BELAICHE
Bonjour, Je vous souhaite la bienvenue à Paris pour cette réunion de travail.
L’Assemblée générale initialement prévue à cette même date à Hammamet n’a pu se tenir pour diverses raisons : fêtes du Ramadan chez nos amis tunisiens et difficultés pour trouver une autre date à cette période convenant à tous les délégués.
La prochaine A.G. aura donc lieu du 1er au 3 juin 2007 à Hammamet en Tunisie et l’organisation locale est déjà bien avancée. Notre collègue tunisien le Dr. Nabil Ben Zineb est d’ailleurs présent aujourd’hui parmi nous et je tiens à le remercier de sa présence tout d’abord et pour son aide efficace à la préparation de notre Assemblée Générale. Je déclare donc ouverts nos débats et la parole est à Guy Schlaeder notre Secrétaire général.
Rapport du Secrétaire Général : Guy SCHLAEDER
En dehors des tâches routinières j’ai eu le privilège de représenter l’UPIGO à diverses réunions internationales.
A la conférence sur «COOPERATION INTERNATIONALE, CULTURES ET SAVOIRS» en Novembre 2005 à Strasbourg. Les promoteurs étaient le FORUM de DELPHES et le CEFODE (Coopération et Formation au Développement).
La participation était large : des intervenants venaient des Philippines - d’Afrique du Sud, d’Afrique subsaharienne de divers pays d’Europe et même des Indes. On a parlé du sida ou AIDS et de nombreux problèmes culturels et sociologiques de la coopération.
A la «1ère JOURNEE HUMANITAIRE INTERNATIONALE SUR LA SANTE DE LA FEMME» en Mars 2006 à Paris. Dans de nombreux pays on trouve des femmes en situation de santé précaire. En France le tableau s’est même aggravé depuis 2 ou 3 ans.
Autre sujet : les mutilations sexuelles. Elles affectent environ 130 Millions de femmes à travers le monde.
Nous avons rappelé quelques actions de l’UPIGO : notre engagement en faveur de l’éducation sexuelle au niveau du Conseil de l’Europe et notre motion de Rome en 1998 contre les mutilations sexuelles.
Au colloque concernant la MORTALITE MATERNELLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DEVELOPPEMENT tenu en Juin 2006 à Paris. Ce colloque a en particulier traité du projet AQUASOU (Amélioration de la Qualité et de l’Accès aux soins obstétricaux urgents). Notre amie Christiane Welffens d’Abidjan, Présidente de la Société Africaine de Gynécologie Obstétrique (SAGO), a analysé les difficultés rencontrées : mauvaise communication entre la SAGO et les sociétés nationales, lenteur des transferts de fonds, lourdeur de l’administration. Nestor AZENDEGE du bureau de l’OMS Afrique à Brazzaville a fait une très belle analyse du problème de la santé maternelle en Afrique subsaharienne. Alors que dans les régions développées pratiquement 100% des accouchements sont assistés par du personnel qualifié, en Afrique subsaharienne plus de la moitié des accouchements a lieu sans aucune aide professionnelle.
Selon Cyril WISSOK de Equilibre et Populations, l’absence de mobilisation sociale et politique est une des causes d’échec des programmes de lutte contre la mortalité maternelle. Les décideurs, au Nord comme au Sud, ne se mobilisent pas pour assurer la pérennité des actions.
Enfin l’UPIGO participe régulièrement au Conseil de l’Europe en tant qu’OING (Organisation internationale non gouvernementale) avec statut participatif. Comme vous le savez notre contribution sur l’éducation sexuelle y a rencontré un écho favorable. Actuellement nous coordonnons un groupe de 15 OING travaillant sur la PREVENTION EN SANTE. Toute suggestion ou contribution de la part des délégations UPIGO sera bienvenue.
La Gynécologie obstétrique en Tunisie par Nabil Ben Zenib, Président de la Société Tunisienne de Gynécologie Obstétrique. Un rapport fort bien documenté et présenté sous forme de diaporama nous explique la situation tunisienne. Citons entre autre quelques chiffres : le pays s’étend sur 164 000 km2 et abrite 9 910 822 habitants. L’indice synthétique de fécondité est de 2,02, la mortalité infantile de 20,6 p.1000, la mortalité maternelle de 48 p. 100 000, l’espérance de vie à la naissance de 73.4.
Les médecins sont formés par 4 facultés de médecine. Les spécialistes en gynécologie obstétrique sont au nombre de 700. Une remarquable enquête de mortalité maternelle a permis en 1994 de mettre en évidence les mortalités évitables : 87%. Diverses mesures ont été prises pour éviter les morts maternelles. On a poursuivi le recueil des cas de mortalité maternelle dans le but d’améliorer encore la situation.
TOUR DE TABLE DES DELEGATIONS
DANEMARK : Suzan LENZ et Hans Henrik WAGNER
A propos de l’introduction de la directive européenne sur l’utilisation de «tissus et de cellules» au Danemark. Les directives du Parlement européen ont force de loi. La directive EU 2004/23/EF (du 31.3.2004) a été faite dans l’intention d’éviter la transmission de maladies entre le donneur et le receveur lorsque des tissus sont donnés. Pour certaines raisons les traitements de la stérilité ont été inclus. L’introduction de la Directive au Danemark semble avoir précédé son introduction dans d’autres pays européens. Le Conseil national danois pour la santé a confié au «Laegemiddelstyrelsen» (institution du type de la FDA aux USA) la responsabilité de l’introduction de cette directive. Les unités de FIV seront obligées d’adapter leurs laboratoires afin de répondre aux exigences légales ; cependant seuls des changements mineurs seront nécessaires pour les gynécologues faisant des inséminations. La capacitation du sperme est limitée à la technique du swim-up ; la
centrifugation Percoll n'est pas autorisée. L’enregistrement des données devra être effectuée de façon informatique pour chaque insémination. Chaque service sera soumis à une inspection et agréé pour l’insémination ou la FIV.
La REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : Abdoulaye SEPOU:
Le Centrafrique est un pays enclavé dont la superficie est 623.000 km². La population est de 3 895 139 habitants. Avec un PIB par habitant de 300 dollars US, le pays figure parmi les pays les moins avancés au monde. Le pays regorge de richesses naturelles mal ou non exploitées (diamant, or, bois, et autres). Le pays est subdivisé en 7 régions sanitaires dont celle de Bangui, la capitale. Il y a 6 gynécologues-obstétriciens exerçant tous à Bangui et regroupés au sein de la Société Centrafricaine de Gynécologie et d’Obstétrique (SOCAGO) qui est affiliée à la SAGO et à l’UPIGO. Le taux de mortalité maternelle est de 1 355 décès pour 100 000 NV et le quotient de mortalité infantile est de 132 pour 1 000 NV ; le taux de prévalence contraceptive est de 6,9%.
Pour pallier la carence de spécialistes dans les régions, nous envisageons leur formation localement, avec l’appui des partenaires.
ALLEMAGNE : Klaus KOENIG
1°) Formation des spécialistes et définition de la spécialité. On passe en revue les problèmes de formation, de subspécialisation et les conflits avec les spécialités voisines. Selon une définition plus large de notre spécialité, on ne devrait plus parler des maladies des organes génitaux féminins et des seins mais d’une manière plus générale des problèmes de santé liés au sexe féminin. Cette étude sera reprise en détail lors de l’A.G. de Hammamet.
2°) Autres problèmes allemands : Le gouvernement a décidé de soumettre un projet de réforme du système de santé au Parlement, malgré l’opposition de tous les intéressés : médecins, caisses d’assurance maladie, sociétés hospitalières, pharmaciens. L'état règle le financement du système de santé, favorise les médecins de famille et affaiblit les spécialistes. Les honoraires sont limités et une partie des prestations n’est plus payée. Lors des derniers paiements nos honoraires ont été amputés de 40%. A notre avis nous allons vers la fermetures de cabinets de spécialistes et vers la fuite des jeunes médecins vers l’étranger.
GRÊCE : Nicolas TSATSARIS et Achilles KALOGEROPOULOS
La Grèce a un peu plus de 10 millions d’habitants. La natalité reste très faible (100 000 naissances/an). La population vieillit. Nous avons toujours une surpopulation de gynécologues obstétriciens ; ils sont un peu plus de 2500 et installés surtout dans les grands centres urbains. Aucune mesure n’est envisagée par l’Etat pour rationaliser la démographie médicale.
Plus de la moitié des accouchements ont lieu dans le secteur privé et plus de 80% des praticiens ont une pratique partiellement ou totalement libérale.
Nous voyons toujours certaines spécialités empiéter sur notre domaine par exemple les chirurgiens pour ce qui est du sein, les urologues pour les troubles de la statique pelvienne et surtout les endocrinologues pour les aménorrhées, les dystrophies ovariennes poly-kystiques et surtout la ménopause.
Actuellement notre plus gros problème est la très grande augmentation des poursuites légales surtout pour ce qui est de la pratique de l’obstétrique et du diagnostic prénatal. Les indemnités allouées sont en nette inflation souvent au dessus du maximum prévu par les contrats d’assurances RCP. Les grands centres Gynéco-obstétricaux privés (certains font plus de 10-15 000 accouchements par an et peuvent être cotés en bourse) doivent provisionner dans leur budget des sommes destinées à couvrir d’éventuelles indemnités. Cette situation sera longuement étudiée au cours du prochain congrès des maternités privées (Décembre 2007) où l’UPIGO a été invitée.
Italie : Giovanni ADINOLFI et Pier Francesco TROPEA
Il est suggéré au Président et au Secrétaire Général de l’UPIGO d’informer toutes les Sociétés savantes et professionnelles européennes des pays représentés ou non représentés à l’UPIGO, de la nouvelle stratégie établie avec succès suite à l’Assemblée générale extraordinaire de Rome. Ceci pour éviter toute confusion suite à la création de l’EBCOG. Il est important de préciser les divers aspects de la nouvelle stratégie de l’UPIGO et aussi de rappeler son élargissement vers l’Est et vers l’Afrique.
La lutte contre la mortalité maternelle, encore trop élevée dans de nombreux pays, doit être poursuivie par l’UPIGO.
France : Guy-Marie COUSIN
Le souci professionnel majeur en France reste l'assurance en responsabilité civile professionnelle pour les obstétriciens libéraux (les hospitaliers sont couverts par l'assurance de l'hôpital). Ce problème est mal vécu par les obstétriciens qui se sentent en insécurité, et les jeunes hésitent à s'installer en activité libérale, mettant en péril un certain nombre d'équipes obstétricales qui ne trouvent pas de remplaçants à ceux qui partent en retraite.
Le principal assureur du marché a résilié tous les contrats au 1er octobre, et propose un nouveau contrat d'assurance pour 2007 avec un tarif, pour l'obstétrique seule à 30 000 euros, pour obstétrique et chirurgie, à 36 000 euros (assuré sans sinistre antérieur...) la moyenne du coût de l'assurance se situe entre 15 et 20 000 euros en 2006.
La spécialité s'engage résolument dans la gestion des risques, avec un organisme professionnel associant société savante et syndicat, qui va être agréé par la Haute Autorité en Santé. En contrepartie de l'engagement de chacun dans la gestion du risque, ce qui obligera chaque professionnel à déclarer accident et "presque accident" et à suivre les recommandations de bonne pratique élaborées, l'assurance maladie prendra en charge entre la moitié et les deux tiers du coût de l'assurance (soit un maximum de 12 000 euros en 2006). Nous travaillons à un projet qui se rapproche du système danois avec une indemnisation prise en charge par la solidarité en cas de "no fault" du professionnel.
SLOVAQUIE : Jan STENCL, Anna BOHACIKOVA
Les subspécialités sont déjà bien reconnues. Nous souhaiterions connaître la situation dans les autres pays à l’occasion de l’enquête prévue sur «l’exercice de la gynécologie-obstétrique».
SUISSE : Mario LITSCHGI
Une nouvelle loi est en discussion au sujet de la fécondation in vitro et de la procréation médicalement assistée. Les restrictions évoquées par la loi danoise ne sont pas envisagées en Suisse.
Un nouveau programme pour la formation des spécialistes a été élaboré. On formera des gynécologues médicaux en 5 ans et des gynécologues chirurgicaux en 7 ans. La médecine foeto-maternelle, l’oncologie gynécologique, l’endocrinologie gynécologique et la médecine reproductive, l’uro-gynécologie sont des subspécialités reconnues ou en voie de l’être prochainement.
LUXEMBOURG: Annik CONZEMIUS
L’arrivée de plusieurs médecins étrangers spécialisés en gynécologie médicale, en provenance de l’Allemagne ou de la Belgique entre autres, nous pose problème. Ils nous prennent une partie de la clientèle mais n’ont pas la servitude des gardes pour les urgences obstétricales ou chirurgicales.
Dans un autre domaine nous réfléchissons actuellement au système nordique «no fault». La collectivité prend en charge les complications des actes médicaux qu’il y ait ou non une faute médicale. Cela permettrait de réduire le coût de nos assurances en responsabilité civile professionnelle et le nombre de procès.
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Etat de la trésorerie : Pier Francesco TROPEA trésorier et Raymond BELAICHE Président. Un décompte détaillé est communiqué en séance. Les comptes sont équilibrés et le solde est de 42.198,51€
Rappel des nouveaux statuts de l’UPIGO (adoptés en 2004 à l’A.G. de Berlin) L’UPIGO est une Union Professionnelle et ses principaux buts sont de :
- défendre les intérêts professionnels des gynécologues-obstétriciens ;
- étudier, représenter et défendre les points de vue éthiques, légaux, sociaux et politiques de la spécialité ;
- d’assurer des soins de qualité aux femmes et aux enfants à naître ;
- d’établir des relations avec toute société nationale ou internationale.
Il faut remarquer que l’UPIGO n’est pas une société savante ou académique, même si elle compte régulièrement des universitaires dans ses rangs.
Les thèmes prévus à l’Assemblée Générale de Hammamet (1-3 juin 2007) :
- les limites de la spécialité et les conditions d’exercice de la gynécologie-obstétrique : Guy-Marie COUSIN, Klaus KOENIG et Guy SCHLAEDER.
- les problèmes médicaux légaux de la dystocie des épaules : Raymond BELAICHE et Pier Francesco TROPEA.
- les relations public/privé entre gynécologues en Tunisie : Nabil Ben ZINEB
- assurance en responsabilité civile professionnelle, comparaisons internationales :
Jean Marty.
Allocution de clôture du Président : Raymond BELAICHE
Chers amis, la séance touche à sa fin et je vous remercie de votre présence et du travail productif accompli. J'ai été très heureux d'accueillir parmi nous le Dr Nabil Ben Zineb, représentant de la Tunisie ; je le félicite pour sa brillante communication et je le remercie vivement de l'aide qu'il nous apporte quant à l'organisation de la prochaine AG à Hammamet.
Nous avons pu recevoir la "porte-parole" de nos collègues japonais que nous invitons à participer à nos travaux dès 2007. Nous avons reçu aussi le Pr. Abdoulaye SEPOU représentant de la République Centrafricaine ; il est le bienvenu au sein de l'UPIGO.
Je ne peux donc que nous féliciter de la collaboration de tous et de notre volonté commune d'avancer. Rendez-vous à Hammamet en Tunisie le 1/06/2007.
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Liste des délégations présentes à Paris :
- Allemagne : K.KÖNIG
- Centrafrique : Abdoulaye SEPOU
- Danemark : H.H. WAGNER, S.LENZ
- France : G.M. COUSIN
- Grèce : N.TSATSARIS- A.KALOGEROPOULOS
- Italie : G.ADINOLFI
- Luxembourg : A. CONZEMIUS
- Slovaquie : A.BOHACIKOVA.
- Suisse : M.LITSCHGI.
Les membres du bureau : Président : R. BELAICHE
Vice-Présidents :CONZEMIUS - Jan STENCL
Secrétaire général : G. SCHLAEDER.
Trésorier : P.F. TROPEA
Invité : Nabil Ben ZINEB de Tunisie
Observateur : Naoko OKUDA Japanese Medical Association.
Absents excusés :
- Mali : M.DIAKITE
- Sénégal : R. WARDINI-HACHEM ; F.WADE
- Pologne : M. SPACZINSKI
- Serbie : V. KESIC (membre correspondant)